Bonjour à toutes et tous,
En couple depuis plus de 20ans, nous sommes avant tout les meilleur amis du monde. Et comme beaucoup de meilleurs amis, nous avons profité et parfois à l'excès ensemble. Mais aujourd'hui, notre rapport à l'alcool est bien différent. Elle l'utilise pour oublier un passé très dur qu'on ne souhaite à personne, pour s'évader d'une condition psychique et physique qui en résulte, pour aider ou remplacer des médicaments qui ne l'aident plus ou qu'elle ne prend plus. L'alcool est une forme de solution miracle à tous les maux, tous ses maux. Et moi je me retrouve spectateur d'une situation non désirée et non désirable, je voudrais aider, mais mes actions restent vaines. C'est à elle de décider et parfois il m'arrive de perdre patience et de laisser tomber. Je me sens coupable, coupable de ne pas être là pour elle, de ne pas faire les bons choix, ne pas l'empêcher de boire. Je me sens coupable de la laisser sombrer et d'être au final encore plus mal qu'avant, parce que je le vois bien, l'alcool n'est pas ce remède miracle tant espéré. Je m'en veux de lui laisser son alcool, parce que parfois le calme qui règne entre nous parce qu'elle a de l'alcool à la maison et un moment de répit pour moi, quel égoïste je fais, mais je suis faible. Je me sens coupable quand elle me dit que je ne fais rien pour l'aider, mais elle ne veut pas en parler et encore moins se faire suivre ou aller en cure. Elle a arrêter de voir son psychiatre, son psychologue, se coupe de ses amis, de ses connaissances, ne sort quasi plus, excepté avec moi.
Je vois régulièrement un psychologue pour évacuer et faire le point sur ma situation, prendre du recul et réfléchir le plus objectivement possible, mais mes sentiments sont trop forts et il m'est impossible de choisir la facilité et de ne penser qu'à moi. Je vais prochainement rencontrer des professionnels de l'addiction pour parler de ce que je viens d'écrire, et en attendant je sentais le besoin de me livrer comme je ne l'avais jamais fait jusqu'à aujourd'hui. Parce que oui, je n'en parle que très peu autour de moi, non pas par honte, ni par gêne, mais pour préserver un maximum son image et son honneur. Mais peut-être devrais-je la laisser se retrouver dans des situations, comme ce soir, ou les gens la dévisage et la juge...? Mais je ne crois pas, je veux la protéger de ça. Enfin, je ne sais pas. J'imagine qu'il n'y a pas de mode d'emploi tout prêt pour affronter cette maladie. J'ai peur de la perdre, j'ai peur de me perdre, j'ai peur de nous perdre.
On nous conseille de ne pas juger, mais c'est tellement dur de ne pas porter de jugement. Même sur ce site, on nous dit d'utiliser le "je" dans les discussion, comme : "je pense que tu bois trop." "Je crois que ta consommation est peut-être un peu démesurée." Mais ces phrases sont une forme de jugement. La situation est vraiment délicate, nous marchons sur des œufs. Comment réussir à lui faire accepter de faire une cure et/ou à minima, de reprendre son suivi psy ?
C'est une chance ce site où nous sommes amenés à échanger nos expériences, nos visions de témoins et d'aidants, si nous pouvons l'être.
J'ai tellement à écrire, mais je crois que je vais m'arrêter là pour cette première participation.
Merci pour votre attention, rien que de laisser ces mots sur cette page, je me sens un peu plus léger. Pas moins coupable ou plus investi, mais plus léger.
Merci.