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Ai-je raison de suspecter de l'alcoolisme

Par Cell

Bonjour, Je vie depuis plusieurs années avec mon conjoint. Notre couple allait très bien jusqu'à ma grossesse.Cependant, j'estimais déjà que sa consommation d'alcool n'était pas normale: - Quotidienne - "besoin" de consommer lorsqu'il est stressé ou en colère - Besoin de s'enivrer lors de moments conviviaux (fête, repas de famille, restaurant,...) Depuis ma grossesse mon époux doux et attentionné s'est transformé. Il me rabaisse constamment, m'humilie le plus possible, m'insulte et cherche constamment à me dominer de manière à me faire me retrancher dans mes limites. Il est très souvent en colère et se met alors à casser des objet ou à les jeter. De plus je constate que mon époux retire très régulièrement de l'argent et paie plusieurs fois par jour en carte bancaire dans des supérettes alors qu'il ne ramène que le pain le soir. En tout, il dépense environ 30€/jours en plus de sa consommation de tabac alors que c'est moi qui fais les courses et qu'il a sa gamelle du midi. Le soir, je trouve qu'il sent l'alcool parfois j'ai l'impression qu'il est soul; il me répond que c'est moi qui suis folle que c'est l'odeur de son Déo et qu'il est simplement fatigué. Je retrouve des canettes vides un peu partout dans la maison. Il me répond que ça date des travaux et qu'il a simplement oublié de les jeter. Lorsqu'il est à la maison, soit il dort, soit il tourne comme un lion en cage et trouve toujours une excuse bidon pour sortir. Lorsque je lui fais part de mes inquiétudes il me répond que c'est dans ma tête, que je dois aller me faire soigner et que si je veux voir un alcoolique je n'ai qu'à regarder mon père (ce qui n'est malheureusement pas faux...) Mon frère a récemment travaillé avec lui et m'a confié que mon époux commençait à boire dès 7h00 devant la machine à café et qu'il buvait et se promenait toute la journée au boulot. Lorsque je lui en ai parlé, il a reconnu avoir bu plusieurs fois à 7h00 mais nie la consommation sur la journée. Il était très en colère après mon frère et moi qui disions du mal de lui. Il a aussi dit que s'il buvait c'était de ma faute, car je n'avais pas suffisamment de considération pour lui (ce qui n'est pas faux depuis qu'il m'insulte et qu'il ne respecte pas ses promesses) mais qu'il n'était pas alcoolique et que c'était moi qui avais un problème et qui étais psychorigide. Le lendemain de ses colères il me demande pardon, me dit qu'il m'aime, qu'il va s'améliorer mais qu'il faut que moi aussi je fasse des efforts. Puis finalement ce n'est jamais suivi d'actes concrets puisque ça fait plus d'un an que je lui demande de se faire suivre par un psy. Ai-je raison de penser que mon époux est malade et qu'il souffre d'alcoolisme? Ma propre histoire familiale peut-elle vraiment altérer à ce points mon jugement? Car après tout, il a su rallier à sa cause tous ses proches. En effet, j'ai parlé de son problème à sa famille et amis intimes afin de pouvoir mener une action commune. Ce qui naturellement s'est retourné contre moi... Lui ne leur avait jamais parlé de nos disputes ni de mes doutes et il était très en colère que je l'ai fait. pour les convaincre il a invoqué les résultats d'une prise de sang obligatoire pour récupérer son permis de conduire et dont voici l’historique: VGM: 2,8 puis un mois plus tard 0,7 puis 9 mois plus tard 1,3. En ce qui me concerne, j'estime qu'il a pu faire un effort le temps d'obtenir de bons résultats car sans voiture il ne se sent plus être un homme. Lui assure que ce n'est pas possible pour un alcoolique. De plus il avait passé un test psychotechnique toujours pour récupérer son permis qui avait mis en évidence qu'il y avait peu de chance qu'il soit alcoolique. Du coup je suis perdue... Ça ne semble choquer que moi les bières avec le café.

Mise en ligne le 16/03/2017

Bonjour,

La situation que vous nous exposez est difficile, les relations entre votre mari et vous se sont dégradées et il n'est pas aisé de déterminer si c'est l'alcool uniquement qui, à ce point, a "transformé" votre époux, le rendant si odieux à votre égard.

 Les résultats de prise de sang et de tests psychotechniques que vous évoquez en fin de message ne sont que des "clichés", à un moment donné, des consommations d'alcool récentes d'une personne, dans les semaines qui précèdent les examens. Comme vous le suggérez, il est tout à fait possible de faire en sorte de contrôler ses consommations pendant un temps pour que les marqueurs dans le sang diminuent et ainsi pouvoir récupérer son permis.

 Les éléments les plus fiables permettant de suspecter des difficultés avec l'alcool chez votre conjoint sont ceux, réunis, que vous observez au quotidien: le fait qu'il sente l'alcool tous les soirs, qu'il vous semble ivre, qu'il ait besoin de consommer pour faire face à ses émotions, qu'il dépense de l'argent tous les jours de manière "suspecte", que vous retrouviez chez vous des traces de ses consommations…

Il est fort possible que votre histoire familiale impacte votre propre rapport à l'alcool, vos repères ou votre jugement mais, à priori, pas au point d'inventer des choses qui ne sont pas. Votre conjoint a l'air de se saisir de cela pour vous faire douter et probablement pour se défendre de ce qui lui est difficile d'admettre. Sa colère contre votre frère et vous-même lorsque vous avez tenté de le mettre face à des évidences pourrait traduire également son incapacité, pour le moment, à considérer son usage de l'alcool comme problématique.

 Vous semblez avoir cherché du soutien auprès de certains proches sans avoir pu obtenir ce que vous attendiez. Nous comprenons que face à cette situation vous vous sentiez seule et démunie. Peut-être pourriez-vous vous rapprocher de professionnels pour être épaulée et conseillée pour la suite. La plupart des consultations d'addictologie offre cette aide aux personnes de l'entourage de manière confidentielle et gratuite. Si vous souhaitez vous rapprocher d'un CSAPA (Centre de Soins d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie) proche de chez vous, vous en trouverez les coordonnées via la rubrique "Adresses utiles" dont nous vous joignons le lien ci-dessous.

 Nous restons disponibles bien sûr si vous avez besoin ou envie de revenir vers nous pour échanger plus directement sur vos difficultés. Nous sommes joignables tous les jours de 8h à 2h au 0 980 980 930 (appel anonyme et non surtaxé) ainsi que par Chat de 14h à minuit.

 Cordialement.

 

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